• Alexandra Khichane

Toujours plus, plus vite ?



A l'heure de la société de consommation, le chien serait-il consommé comme un vulgaire bien ?

Le développement des réseaux sociaux fait découvrir de nombreuses disciplines canines dans lesquelles nous pouvons admirer le travail des binômes humains/chiens. Cela peut motiver, donner envie de découvrir et pratiquer une de ces disciplines.


Seulement, le grand public ne se pose pas forcément la question du nombre d'heures nécessaires pour atteindre un certain niveau mais aussi sur l'erreur de casting, la race du chien ne correspondant pas à leur mode de vie (et leurs attentes / envies / lubies ?). Ils peuvent croire que ces chiens sont facile à éduquer.


Pourquoi cet article ? Tout simplement pour la énième personne à me demander si je regrettais l'adoption de Pika, croisée podenca de son état.


Pika est tout l'inverse de ce que vous pourrez voir : on explose les chrono mais par le temps infini qu'elle met à faire un parcours ou à son allure de marche en dog dancing.

Ça l'embête me direz-vous de pratiquer ? Non, Pika elle est comme ça, c'est sa nature.

Alors oui, on peut "travailler" par excitation, améliorer mais pourquoi aller contre la nature du chien ?


Parfois le hasard fait bien les choses, quand tout le monde se fait éliminer ben elle est dans le classement.


Cette chienne m'a permis aussi de revenir aux fondamentaux qui sont les miens : j'adopte un chien pour qu'il partage mon quotidien et avec lui je partage des choses, des disciplines.


Et quand nous partons faire une compétition officielle, je sais très bien que l’entraînement n'est pas assez régulier et qu'elle n'exécutera pas beaucoup de mouvements (faut voir la vitesse d'exécution). Par contre, cela n'enlève en rien au plaisir de se retrouver ensemble, de revoir les copains autour des pistes et de montrer notre travail. Ce travail fait en fonction de nos capacités (ou absence de capacité respective).


Et avec l'arrivée de Madie puis de bébé Butch, j'ai continué ce que Pika m'a rappelée : chaque chose en son temps. Je les laisse grandir, qu'ils se construisent d'abord physiquement puis psychologiquement. Puis, on apprendra ensemble mais dans le calme. Cette vitesse permanente, cette course effrénée après quoi finalement ?


Papy Chuck pratique encore. Il est loin aussi le temps où les parcours se faisaient rapidement. Mais avec cette course à la vitesse où est le plaisir ? Celui d'apprendre, d'être ensemble ? Et si il va vite, êtes vous capable de suivre ? Est ce que finalement la coopération ne serait pas là ? Un respect mutuel dans la pratique d'un moment en commun ?

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